Un Volontariat International en Entreprise, c’est une indemnité, pas un salaire. Pas de cotisations sociales, pas d’impôt sur le revenu, pas de cotisation chômage. Résultat : la période de VIE elle-même n’ouvre aucun droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).

Mais ça ne veut pas dire que vos droits antérieurs disparaissent. Si vous aviez un parcours salarié avant de partir, deux situations très différentes se présentent — et il est facile de les confondre.

Cas 1 : votre contrat s’est terminé avant le départ, sans inscription

Vous étiez en CDD ou en CDI, votre contrat s’est terminé, et vous êtes parti en VIE sans vous inscrire à France Travail entre les deux.

Normalement, pour faire valoir des droits liés à ce contrat, vous devez vous inscrire comme demandeur d’emploi dans les 12 mois suivant la fin du contrat. C’est ce qu’on appelle le délai de forclusion.

Bonne nouvelle : les périodes de VIE (comme les autres formes de service civique) allongent ce délai de forclusion. Concrètement, la durée de votre mission vient s’ajouter aux 12 mois.

Exemple : vous terminez un CDD de 6 mois, puis partez directement en VIE pendant 18 mois. À votre retour, vous pouvez vous inscrire à France Travail et demander l’ouverture de vos droits au titre de ce CDD — même si le contrat s’est terminé depuis bien plus de 12 mois. La période de VIE a “mis en pause” le compteur.

Cas 2 : vous étiez déjà inscrit et indemnisé avant de partir

Vous perceviez déjà l’ARE au moment où vous avez accepté votre mission de VIE.

Dans ce cas, le versement de votre allocation est suspendu pendant toute la durée du VIE — vous n’êtes plus considéré comme disponible pour un emploi, donc plus indemnisable. Mais le reliquat de vos droits n’est pas perdu pour autant.

À votre retour, vous pouvez reprendre le versement de ce qu’il vous restait, à condition de ne pas avoir dépassé le délai de déchéance. Ce délai correspond, par défaut, à la durée de vos droits initiaux + 3 ans.

Et là aussi, la période de VIE joue en votre faveur : elle allonge ce délai de déchéance, en plus des 3 ans déjà accordés. Ce n’est donc pas simplement “vous avez 3 ans de toute façon” — le VIE ajoute sa propre durée par-dessus.

Et côté sécurité sociale, une vraie bonne nouvelle

Pendant votre VIE, vous étiez couvert par une assurance santé privée liée au statut. Cette couverture s’arrête le dernier jour de votre mission — mais contrairement à d’autres situations de retour d’expatriation, il n’y a pas de délai de carence de 3 mois à subir avant de retrouver une couverture française.

Vous pouvez demander votre affiliation à la protection universelle maladie (PUMA) directement auprès de votre CPAM, même sans avoir repris d’activité professionnelle. Le document à présenter est votre certificat d’accomplissement VIE remis en fin de mission. Si votre mission s’est arrêtée avant son terme prévu, une lettre d’engagement accompagnée du courrier de Business France actant la cessation anticipée fait aussi l’affaire.

Réactiver l’ARE concrètement : les deux documents à fournir

Si vous aviez des droits ouverts avant de partir (voir les deux cas plus haut), la réactivation auprès de France Travail se fait avec :

  • votre certificat d’accomplissement VIE, qui indique les dates précises de début et de fin de mission ;

  • une copie de votre carte Vitale, ou à défaut une attestation de la CNAM mentionnant votre numéro national d’immatriculation.

Un bonus souvent ignoré : des droits à la formation

Si votre mission a duré au moins 6 mois continus (sur une ou deux années civiles), vous acquérez automatiquement 240 € sur votre compte d’engagement citoyen (CEC), qui vient alimenter votre compte personnel de formation. Business France se charge de la déclaration sans démarche de votre part ; les droits apparaissent sur Mon Compte Formation au deuxième trimestre de l’année suivant celle où vous avez rempli la condition des 6 mois. Le plafond cumulé pour ce type de droits est de 720 €.

Pour consulter ces droits, un compte sur Mon Compte Formation est nécessaire, avec un numéro de sécurité sociale français (à faire immatriculer au préalable si vous n’êtes pas né en France).

Ce qu’il faut faire avant de partir

Si vous étiez inscrit et indemnisé avant votre départ :

  • Prévenez France Travail avant le début de votre mission. C’est cette déclaration qui permet la suspension propre de vos droits plutôt qu’une désinscription qui pourrait compliquer leur reprise.

  • Gardez une trace écrite de cette démarche (accusé de réception, échange de mail) — utile en cas de litige sur la date de suspension.

  • Vérifiez la durée de votre mission par rapport à vos droits restants. Au-delà d’un certain nombre de mois de mission (proche du nombre de mois de droits qu’il vous restait), la protection peut atteindre ses limites — mieux vaut clarifier votre cas précis avec un conseiller France Travail avant le départ plutôt qu’à votre retour.

Ce que le VIE ne fait pas

Le VIE ne fait pas naître de nouveaux droits chômage à partir de l’indemnité perçue pendant la mission. Si vous n’aviez aucun droit ouvert ni aucun contrat de travail récent avant de partir, le VIE ne change rien à ce niveau : à votre retour, vos droits éventuels dépendront uniquement de ce que vous ferez après le VIE (un nouveau contrat, par exemple), pas de la mission elle-même.


Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas une vérification personnalisée auprès de France Travail, votre situation pouvant comporter des spécificités (durée de mission, historique de droits, date de départ) qui modifient l’analyse.

Sources utiles : France Travail — Service civique et volontariat · Mon Volontariat International — Démarches sécurité sociale, chômage et formation au retour


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